Un tableau coloré peint de la couleur de chacun

J’ai fait deux ou trois fois la cuisine à la « Parenthèse ». Je vois mon expérience comme « Un tableau coloré peint de la couleur de chacun. Chacun y a sa place ! »
Quelques flashes de mon vécu dans cette « famille ».

Ce qui m’a frappé en entrant dans la cuisine, c’est sa disposition ouverte sur la salle à manger. De larges baies vitrées l’éclairent et donnent une image d’unité en même temps que d’ouverture.

Unité sans obstacles : chacun peut aller et venir librement. Comme dans une famille, toutes les personnes vont et viennent à l’aise.

Ouverture par les baies vitrées : elles permettent à l’oeil de s’échapper au-delà de cet intérieur pour s’émerveiller de l’horizon. La lumière de l’extérieur pénètre et illumine l’intérieur.

Je le ressens comme une façon de proposer un lieu de vie en répondant au besoin des personnes d’espaces libres et ouverts tout en gardant l’objectif de se sentir ensemble, de faire famille.

Lorsque je cuisinais, Mireille et Bernadette m’ont tout naturellement laissé deux jeunes résidents en chaise. Ceux-ci me regardaient faire la cuisine. Tandis que Mireille et Bernadette s’occupaient d’autres handicapées.

Les deux jeunes me regardaient... de suite j’ai vu leur intérêt. Pour moi le repas avec eux commençait déjà là : faire le repas devenait présence à ses deux jeunes et réciproquement.

Dans un premier temps je leur montrais comment je préparais le repas. Ce que je mettais dans la viande, comment les pommes de terre cuisaient. Ils participaient, il y avait mutualité. Il y avait complicité naissante. J’ai demandé : « ça te dirait de goûter la sauce, un légume, la viande, le dessert ». L’oeil pétillant, un « Oui » spontané et joyeux a conclu le marché. Je me suis vu un peu comme un papa qui cuisine partageant ce qu’il fait avec les enfants. Je me suis fait connaître en partageant ce que je faisais et ils se sont fait connaître en répondant, à leur manière, à mon partage. De ce partage s’est construit la confiance, première racine de la mutualité, sur laquelle se vit la continuité.

Et le repas ? Chaque personne, résidents, hôtes, accompagnateur-trice-s et bénévoles sont libres, ouverts dans la mutualité, l’interaction et la réciprocité. J’ai vu, l’espace d’un souper se construire une famille (non de sang, mais de personnes ayant le même objectif) ouverte où chacun à sa place. La famille se réalise au quotidien, simplement en concertation et en s’ajustant selon ce qui se vit. Je le vois comme une alternative aux instituts où des horaires et règles sont à respecter.

Il y a là une fraîcheur printanière qui est présente à toutes les saisons. Chaque jour de nouveaux bourgeons fleurissent par l’interaction et les évènements qui construisent le quotidien. Chacun a sa place quel que soit son état : handicapés, bénévoles, accompagnantes et accompagnants, visiteurs d’un jour. C’est comme une espérance que sous-tend la confiance dans la continuité d’un projet dont personne contrôle de manière précise de quoi sera fait le lendemain. Une chose porte cette espérance la présence de Mireille et Bernadette et l’engagement des bénévoles, famille des handicapés et l’association qui continue fidèlement son engagement au service de « la parenthèse ».

Fr. Paul Z.,

Quelques témoignages:

Nous avons souhaité proposer à ces résidents de la Cité du Genévrier un séjour qui leur permettrait de partir quelques jours de leur groupe de vie. En effet, André et Laurent étaient les seuls à ne pas bénéficier de colonie ou de camp cette année.

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